HISTOIRE DE LA LANGUE YIDDISH

Le Yiddish a porté plusieurs appellations, des anciens textes le nomment taytsh (« allemand ») ou déjà yidish (« juif »). De vieilles sources rabbiniques en hébreu parlent de « langue d'Ashkénaz », c'est-à-dire langue d'Allemagne.

Ivretaytsh désigne le langage archaïque employé pour traduire des textes religieux. Il est une langue germanique dérivée du haut allemand, avec un apport de vocabulaire hébreu, slave et des langues d’origine proche orientale, l’hébreux et l’araméen.

Une langue vernaculaire utilisée par les juifs ashkénazes venant d’Italie et de France qui s'installèrent dans la région rhénane au Xe et -XIe.  Elle a pris une forme plus moderne au XIXe. Plus ponctuellement les linguistes distinguent quatre grandes périodes, traversées par cette langue :

-Le pré-yiddish jusqu'en 1250.

-Le yiddish ancien de 1250 à 1500.

-Le moyen yiddish de 1500 à 1750.

-Le yiddish moderne de 1750 à nos jours.

Le yiddish possède plusieurs dialectes. On répartit le yiddish en yiddish occidental, parlé en Alsace, Suisse, Allemagne et Hollande, et en yiddish oriental, utilisé en 'Europe de l'Est.  Le yiddish a connu une telle expansion qu’on dénombrait 11 millions de locuteurs de cette langue avant la deuxième guerre mondiale.

Leur nombre a baissé d’une manière vertigineuse, après cette dernière, vu que la majorité d’entre eux ont péri durant l'holocauste nazi. Actuellement ; on estime ses interlocuteurs à seulement deux millions. Il est surtout parlé dans les milieux ultra-orthodoxes, essentiellement chez les Hassidim, en Israël et aux États-Unis.

Plusieurs chercheurs à l’instar de Jean Baumgarten soutiennent que le Yiddish est une langue à part entière : 

« L'ordre des mots, la formation des pluriels, les différences de genres, le système très développé des diminutifs, les modifications sémantiques importantes, sont quelques-uns des traits qui témoignent, entre autres, de l'autonomie du yiddish par rapport aux principaux parlers mitoyens ». Jean Baumgarten Chercheur au CNRS

Le yiddish s'écrit de droite à gauche au moyen de l'alphabet hébraïque.

La période moderne de cette langue a vu naître une langue standard, la klal shprakh, fondée sur le yiddish lituanien.  Ainsi qu’une grammaire normalisée et L’édition de dictionnaires importants. En complément de ce travail d’harmonisation et de normalisation, des créations littéraires et artistiques tendent à valoriser cette langue, essentielle pour perpétuer la transmission des traditions juives.

Toutefois Le yiddish, a souffert de statut « de langue des juifs du ghetto ». Certains, à l’instar du philosophe des Lumières allemand Moses Mendelssohn, iront jusqu’à souhaiter sa disparition afin de mieux intégrer socialement les juifs.