HISTOIRE DE LA LANGUE WOLOF

Le wolof est un membre de la branche sénégambienne de la famille nigéro-congolaise avec environ 7 millions de personnes au Sénégal, en France, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali et Mauritanie. Le wolof est l'une des six langues nationales du Sénégal (sénégalais / سِنِڭَالَالْ), avec le serer, le mandingue, le peul, le diola et le soninké.

Le wolof a d'abord été écrit avec une version de l'écriture arabe connue sous le nom de wolofal, qui est encore utilisée par de nombreux hommes âgés au Sénégal. L'orthographe wolof utilisant l'alphabet latin a été normalisée en 1974 et constitue l'écriture officielle du wolof au Sénégal.

Le wolof est aussi parfois écrit avec l'alphabet Garay qui a été conçu par Assane Faye, un artiste sénégalais, en 1961. Cet alphabet est écrit de droite à gauche et s'inspire librement de l'écriture arabe. Cet alphabet compte 25 consonnes et 14 voyelles.

La grammaire et traits typologiques

Dans ce qui suit, nous nous sommes référés aux recherches faites par Loïc-Michel Perrin, pour en extraire une synthèse afin de mieux comprendre et cerner les grands traits de la langue Wolof

  • Dans la langue wolof, on il y a 35 phonèmes, et la prononciation de certaines lettres n'est pas la même qu'en français. Elle ne comporte pas de tons. Considérée comme une langue isolante où la fonction syntaxique est déterminée par un ordre syntaxique strict :

« Sujet+ Verbe+ Complément. Destinataire + Complément. Objet »

  • Si un groupe complément fait l’objet d’une focalisation, alors ce syntagme est obligatoirement placé en tête de proposition
  • Les articles peuvent être placés en avant ou après les noms qu’ils déterminent.
  • Les classificateurs du wolof remplissent les rôles de déterminant nominal, mais servent également de pronom relatif
  • En l’état actuel du système, il est difficile d’établir des règles formelles d’appartenance d’un nom à une classe donnée ; au plus, on observe quelques récurrences sémantiques   tendancielles   même   il   est   possible   de   dégager   quelques constantes : huit pour le singulier et deux pour le pluriel
  • À partir de ces morphèmes-classificateurs, le wolof forme deux séries d’articles réparties selon l’opposition : indéfini et fini
  • Les noms du wolof, qu’ils fonctionnent comme sujet ou comme complément, ne comportent aucune marque de genre et ce sont les classificateurs qui les accompagnent qui permettent de stipuler le nombre.
  • En ce qui concerne les verbes du wolof, il convient de distinguer trois types de procès (Robert, 1991 :  302-308) :  les procès compacts (auxquels renvoient les verbes d’état, c’est-à-dire de qualité, verbes de cognition, de perception...), les procès discrets (auxquels renvoient les verbes d’action) et les procès denses qui se comportent tantôt comme des procès compacts, tantôt comme des procès discrets (et certains verbes de qualité sont des procès denses).
  • La particularité du système verbal du wolof tient dans l’usage de morphèmes autonomes appelés IPAM : Ce sont des marqueurs obligatoires de la conjugaison. Outre, sont répartis en dix paradigmes.
  • Il existe en wolof un autre moyen de qualifier un nom : il s’agit des idéophones. Les idéophones du wolof peuvent entrer dans deux types de constructions morpho-syntaxiques différentes.
  • La catégorie des adjectifs est inexistante en wolof.
  • La langue wolof dispose donc de trois stratégies concurrentes pour qualifier un nom :  par le biais des deux premières stratégies –verbale et idéophonique –impliquent de façon intrinsèque une  prédication  verbale  verbes  de  qualité,  au  moyen  de  construction.