HISTOIRE DE LA LANGUE VIETNAMIENNE

Le vietnamien fait partie de la branche linguistique des langues austro-asiatique, celle-ci regroupe des langues comme le khmer : A. G. Haudricourt (un savant français), affirme que le vietnamien appartient aux langues môn-khmer, opinion communément partagée par beaucoup d’éminents linguistes. 

Le vietnamien est une langue monosyllabique tonale se caractérisant par une grande musicalité grâce à des syllabes rythmées par six tons distincts, avec chacun un sens différent. Par ailleurs, à l’écrit, ces tons sont indiqués par des accents diacritiques. Le vocabulaire est constitué en majorité de mots d’une seule syllabe, certains sont composés de deux syllabes, les mots au-delà de deux syllabes restent très rares.

Sa grammaire est relativement simple : les structures se présentent généralement sous la forme : Sujet, verbe et complément. Elle n’a pas d’article, inexistence du masculin et du féminin et elle n’a pas de conjugaison. Riche en dénomination des choses concrètes, elle demeure limitée en termes abstraits. Elle est la seule langue d’Asie à utiliser l’alphabet latin, avec 29 lettres dont 12 voyelles.

Avant d’être romanisée, elle s’écrivait en caractères chinois. Cette opération s’est effectuée au17ème siècle, pour se démarquer de la chine et faciliter sa compréhension par le peuple. Le Dictionarium, Annamiticum, Lusitanum, et Latinum, qui est un dictionnaire trilingue vietnamien/portugais/latin a permis de poser les bases de la romanisation du vietnamien.

 C’est un prêtre jésuite Alexandre de Rhodes qui serait le principal investigateur de cette romanisation. Cette thèse communément admise est remise en cause par Roland Jacques, qui démontre qu’un examen approfondi des sources inédites le quoc ngû ne peut se comprendre que comme une œuvre avant tout portugaise1.  

L’alphabet romanisé est dit diacritique, c’est-à-dire agrémenté d’un certain nombre d’accents particuliers. La langue vietnamienne est passée par plusieurs étapes avant de déboucher sur quốc ngữ : Môn-khmer qui date de 4 ou 5 mille ans avant J.-C., jusqu’au XIe siècle, le groupe việt-mường, ensuite la domination du hán (chinois) et finalement la disparition du nôm et la naissance du quốc ngữ (du XVIIe siècle jusqu’à nos jours).

Le quốc ngữ est devenu la langue nationale du Vietnam. La diaspora vietnamienne compte pas moins de 85 millions de locuteurs, au Vietnam évidemment, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en France.

La prononciation du vietnamien est différente selon qu’elle soit au sud, au nord ou au centre du Vietnam.