HISTOIRE DE LA LANGUE SOUSSOU

La langue Soussou fait partie de la famille Mande, une branche de la famille nigéro-congolaises ensemble de langues parlées en Afrique de l’Ouest. Le groupe parlant le soussou vivait au Mali, mais après 1725, ils se sont installés dans les régions côtières de la Guinée. On désignait ce groupe par le terme sosoe dont le radical est soso. Il est maintenant connu sous l’appellation officielle Soussou. Celle-ci s’est imposée depuis longtemps, mais les titres les plus anciens de la bibliographie utilisent un terme plus proche de la réalité phonique, à savoir soso, sosso, suso.

 La langue soussou est l’une des trois langues régionales importante en Guinée. Les deux autres étant le malinké et le peul. Ces trois langues représentent les plus importants groupes ethniques du pays. La langue Soussou est dominante dans la partie de la Guinée qui longe la côte de l’Océan Atlantique, y compris dans la capitale Conakry. Par ailleurs, on trouve quelques locuteurs Soussou dans la région frontière la Sierra Leone.

  Le statut de la langue Soussou subit la politique de la Guidée. En effet, la Guinée se caractérise par des relations conflictuelles entre les trois principaux groupes ethniques, qui dominent chacun dans une région particulière.

Ce n’est qu’à l’occasion de la troisième constitution que l’Etat Guinéen réserve une place aux dispositions linguistiques : Les deux premières constitutions (1958 et 1982) de la Guinée, n’ont rien prévu concernant cette question.

La constitution de 2010 va évoquer cette question dans les alinéas 4 et 5 de l’article I : L’aliéna 4 précise que la langue officielle du pays, est le français et l’article 5 attribut à l’Etat l’obligation de la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée.

L’État guinéen se réapproprie, donc, officiellement l’usage du français et s’engage à promouvoir les langues régionales. Cette promotion semble difficile à mettre en place pour manque de moyens et à cause de l’instabilité politique du pays.

Le Soussou, bien que langue majoritaire de la capitale et celle des relations commerciales, n’a pas pu devenir la langue de communication, comme le Wolof au Sénégal ou la langue Bambara au Mali.

  Le soussou est écrit à l’aide de l’alphabet latin depuis le XIXe siècle. En 1989, un procédé de transcription standard de cette langue fut fixé. Le service national d’alphabétisation a publié un guide de conversation soussou. Il tient compte de la réforme du système d’écriture des langues guinéennes, lui-même inspiré de l’alphabet phonétique de l’International African Institut. 

L’alphabet arabe est aussi utilisé pour écrire le soussou, Il est possible d’écrire le Soussou en alphabet N’KO. Alphabet inventé par le Guinéen Souleymane Kanté en 1949. Alphabet, voulant s’adapter aux sons des langues mandingues.

 La langue Soussou est homogène, le Soussou de Boké, la version dialectale dont l’originalité est très affirmée, est compréhensible entre Soussou de Boké et un autre, d’une région différente. C’est une langue tonale, où la variation du ton change le sens du mot.

Elle est riche en suffixes et en mots courts qui affinent le sens des phrases. La construction-verbe-complément n’existe pas. Les noms et les adjectifs ne s’accordent pas, les verbes ne se conjuguent pas. Elle a un vocabulaire qui ressemble à celui du Malillké ce qui rend l’intercompréhension de leurs locuteurs possible.

Toutefois, leurs systèmes morphologiques sont assez différents. Le Soussou se rapprocherait plutôt du manding de Gamhie et de Casamance qui reconnaît un morphème nominal et une conjugaison.