HISTOIRE DE LA LANGUE SERBE

La langue Serbe est une des langues slaves du sud, un des rameaux proches de la famille des langues indo- européenne. Elle a pour proches parents le Slovène, le Macédonien, le Bulgare et le Croate. Ce dernier, en est tellement proche, qu’il est parfois considéré comme formant une même langue : Le serbo-croate. Par ailleurs, on y décèle des influences des langues italienne et grecque. Slavon Serbe jusqu’à la première moitié du XVIIIe, il est remplacé par le par le slavon russe, suite aux efforts réalisés par l’église serbe, visant à renforcer ses liens avec la Russie orthodoxe. Ce qui renforça le décalage, déjà existant, entre la langue écrite et la langue parlée. Dès la fin du 18e siècle, on voit naitre une volonté de bâtir la langue écrite sur la base de la langue vernaculaire serbe.

Une réforme linguistique est revendiquée, dans un contexte de mutation sociale s’inspirant des idées lumières et romantiques européennes. Dositej Obradović (1739-1811) est l'un des plus grands militants pour l'intégration de la langue vernaculaire dans la littérature. Selon lui, la langue écrite doit se rapprocher de la langue parlée afin d'être comprise par le peuple ; elle doit aussi, toutefois, être suffisamment élaborée pour permettre la création d'œuvres littéraires et la diffusion des idées européennes de l'époque. Cette conception donne naissance à une nouvelle forme de langue écrite, appelée slavoserbe. Elle se base sur la langue vernaculaire, en intégrant des éléments issus du slavon.

Le slavoserbe est très critiqué, particulièrement, par Vuk Stefanović Karadžić qui lui reproche son caractère hybride. Se basant sur les variétés linguistiques ijekaviennes de sa région d’origine, l'Herzégovines. Par ailleurs il s’inspire des travaux de Johann Gottfried Herder, puis des frères Grimm pour construire une langue écrite doit reflétant de manière exclusive la langue parlée du peuple serbe et donc, épurée des slavonismes. En 1818, il publie la première « grammaire de la langue serbe » il prône une orthographe qui se veut strictement phonographique, répondant au principe « écris comme tu parles et lis comme c'est écrit ». Il adapte l'alphabet cyrillique aux besoins de ce principe : il supprime certaines lettres et en ajoute d'autres, de manière à ce que les différents graphèmes représentent un inventaire des phonèmes de la langue serbe.

L’église orthodoxe s’oppose aux propositions de Karadžić la réforme de l'alphabet cyrillique — se voit taxé d'hérésie et est perçu comme une menace à l'encontre des liens avec le reste du monde orthodoxe (notamment, avec la Russie et l'Église orthodoxe russe).

D'autre part, presque tous les écrivains serbes de Voïvodine se positionnent, à l'époque, contre le caractère radical des choix de Karadžić. Alors que certains d'entre eux défendent le slavon russe, la plupart militent pour l'usage du slavoserbe et contestent la purification de la langue écrite de ses slavonismes.

Ce n'est qu'à la fin des années 1860, que la conception de Karadžić, réussi à s’imposer. Après une période d'unification linguistique entre langues serbe et croate, ces langues sont devenues distinctes.

Actuellement, le serbe est la langue officielle de la Serbie. Les Serbes utilisent aussi bien l'alphabet cyrillique que l'alphabet latin. Toutefois, pour tous les écrits officiels et dans les écoles, c'est le cyrillique qui est la norme, mais on peut trouver aussi l'alphabet latin au quotidien et dans quelques journaux. De manière générale, c'est quand même le cyrillique qui est le plus utilisé.

 Les principales caractéristiques de la langue Serbe, c’est la complexité de sa grammaire, sa déclinaison, et sa conjugaison qui est assez riche, beaucoup de règles et d'exceptions.