HISTOIRE DE LA LANGUE KURDE

La langue Kurde appartient à la famille indo-européenne, dans sa branche des langues iraniennes. Elle est parlée par environ 40 millions de personnes. Elle demeure fragmentée en plusieurs dialectes car son peuple est éparpillé : Ils sont en Turquie, Irak, en l'Iran en Syrie, Arménie, en Géorgie, en Russie, en Azerbaïdjan, au Liban, en Israël, en Jordanie, en Kazakhstan, en Turkménistan, en Kirghizistan, en Afghanistan, au Pakistan, en Allemagne, France, en Suède, aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les kurdes ne disposent pas, donc, d’un Etat propre à eux, ce qui explique, en partie, cette fragmentation. 

 Les variétés dialectales les plus importantes sont le kurmancî et le soranî, le zazaî, le lorî, le bakhtyarî et le goranî. Le kurmancî. Le type d’alphabet utilisé pour écrire le kurde change suivant la région habitée par ses auteurs. Ainsi, les Kurdes de Géorgie et d'Arménie utilisent l’alphabet cyrillique, ceux de la Turquie, le latin, ceux de l’Irak, de l'Iran et de la Syrie, l’arabe. L’idée de l’unification de la langue kurde a fait beaucoup de chemin, mais elle peine à se concrétiser.

Les communautés kurdes ayant été victimes des politiques de répression menées contre elles dans les nations où ils vivaient (hormis les pays européens y compris la Russie) : En Turquie, où vit une importante communauté kurde, il a fallu attendre les années quatre-vingt-dix, pour voir une relative ouverture envers la culture kurde et sa langue.

Les turcs vont jusqu’à nier le statut de langue au kurde qui serait, à leur avis, qu’un dialecte issu de la langue turque. À cet effet, l’Institut de Recherche sur la Culture Turke (Turk Ara O tirma EnstitusU), fondé en 1961, publie un nombre considérable d’ouvrages sur la question kurde pour démontrer cette prétention.

 En Iran, la langue kurde n’a joui d’aucune reconnaissance officielle, à part l’autorisation de publier des ouvrages ou des revues en kurde. Une autorisation soumise à des contrôles permanents. En Syrie La langue kurde est carrément interdite. 

Malgré toutes les contraintes qui se posent à l’édification d’une langue kurde standard, beaucoup d’efforts sont déployés pour la formaliser. La production dans ce sens, est de plus en plus importante notamment, celle émanant de la diaspora kurde, vivant en Europe ou aux Etats unis.

Déjà en 1970, Emir Djeladet Bedir Khan et Roger Lescot ont édité à Paris un manuel de grammaire Kurde pour le dialecte kurmandji. De ce livre nous pouvons retenir notamment, les éléments suivants :

- Les différents éléments du vocabulaire kurde se répartissent en deux groupes bien distincts : Les Mots variables et les mots invariables. 

-Le kurde reconnaît deux genres, le masculin et le féminin, et deux nombres, le singulier et le pluriel.

-L'alphabet kurde comprend trente-et-un caractère, trente-trois si l'on y ajoute deux caractères d'emploi facultatif (cf. par. 5 in fine) : a, b, c, c, d, e, ê, f, g, h, i, î, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, ş, t, u, û, v, w, x, y, z

Par ailleurs, certains auteurs, pensent qu’actuellement, plusieurs facteurs jouent en faveur de la revalorisation de la langue kurde. Ils évoquent particulièrement, l’ouverture du gouvernent turque ; l’autonomie du Kurdistan d’Irak, la motivation de la diaspora turque en Europe et aux États Unis, le développement de l’enseignement et de la production scientifique dans cette langue et autour d’elle.

Les langues des Kurdes de Turquie : « la nécessité de repenser l'expression “langue kurde”Clémence Scalbert-Yücel (2003).