HISTOIRE DE LA LANGUE KHMERE

La langue khmère appartient à la famille austro-asiatique au sein du groupe môn-khmer qui comprend le vietnamien, le môn de Birmanie et de nombreux dialectes. Toutefois, C’est une langue non-tonale, contrairement au vietnamien, et aux autres langues asiatiques. Elle est fragmentée en plusieurs variétés régionales au Cambodge. On distingue principalement le khmer lœu, le khmer de Kanda et le khmer du Tonlé Sap. Parmi ces quelques dialectes (Nord, Sud et Ouest), celui de Battambang sert de langue standard. Le vieux khmer est devenu incompréhensible par la population. Seuls quelques érudits arrivent à le déchiffrer.

Tout au long de l’histoire, cette langue, a subi plusieurs influences ; le sanskrit, le pali, le thaï et ensuite le français ; D’après des linguistes cambodgiens, il existerait environ 200 mots français intégrés dans la langue khmère. Actuellement, comme partout dans le monde, l’emprunt à l’anglais par la langue khmère se développe.

  Dans les années 1960 le Cambodge amorça un effort de structuration de la langue, très vite avorté. Par contre l’opération d’épuration effectuée pendant le règne des Khmers rouges (1951-1999), a eu beaucoup de conséquences. Ces deniers ont procédé à une véritable purge visant l’adaptation de la langue au monde qu’ils prétendaient instaurer : Un monde rationnel, se voulant égalitaire, anti royaliste et sans religion.

Ainsi, tous les mots rappelant la monarchie et ceux appartenant au lexique religieux furent interdits, de même que le vocabulaire et les termes estimés à connotation « bourgeoise » comme les formules de politesse. C’est ainsi que les salutations devaient être neutres ne reflétant aucune sentimentalité. Un décret-loi est émis pour imposer le tutoiement. Plus aucune place pour les spécificités locales : Plusieurs langues locales ont disparu.

Pire, de nombreux mots qui touchent aux minorités ethniques sont ridiculisés. Par ailleurs, de nouveaux termes apparurent comme par exemple le «kamaphibal» désignant les «cadres» des révolutionnaires.

L’écriture du khmer dérive du vatteluttu, est d’origine indienne et date du début de notre ère. Le système d’écriture du khmer est basé sur la syllabe : La lecture ne se fait pas lettre, syllabe par syllabe.

Elle possède 33 consonnes et 38 voyelles, dont 23 simples qui vont se combiner avec les consonnes en se plaçant avant, après, au-dessus, au-dessous ou autour d’elles ; indépendantes à usage rare. Elles peuvent être utilisées seules sans être liées aux consonnes et qui possèdent un sens significatif par elles-mêmes.

Par ailleurs, il existe une écriture dite « régulière » et une écriture dite « ronde » ou "moul". Celle-ci est utilisée pour les gros titres de journaux, les pancartes, parfois pour débuter un chapitre. Le khmer n'a pas de majuscules au début des phrases ou des noms propres. Il n’existe ni conjugaison, ni genre, ni nombre, ni article.

La Constitution cambodgienne du 23 septembre 1993 précise dans son article 5 que la langue officielle écrite et parlée est le khmer. On compte environ treize millions de locuteurs du khmer.