HISTOIRE de LA LANGUE CREOLE HAITIEN

Le créole haïtien (Kreyòl ayisyen) est parlé en Haïti par ses 7 millions d'habitants. Il est également parlé aux Bahamas, au Canada, aux îles Caïmans, en République Dominicaine, en France, en Guyane française, en Guadeloupe, à Porto Rico et aux États-Unis (ethnologue).

Il est basé sur le français et sur les langues africaines parlées par les esclaves venus d'Afrique de l'Ouest pour travailler dans les plantations. Il est souvent décrit à tort comme un dialecte français ou comme un " Français cassé ". Concrètement, c'est une langue à part entière avec sa propre prononciation, grammaire, vocabulaire et pragmatisme.

Bien que le créole soit une langue parlée par tous les citoyens d'Haïti et qu'il ait été reconnu en 1961 comme langue officielle d'Haïti, il continue de jouir d'un prestige moindre que le français.

En 1804, au lendemain de l'indépendance d'Haïti, le français est demeuré la langue de prestige du gouvernement et du pouvoir en place. Comme on pouvait s'y attendre, le français est plus susceptible d'être parlé par l'élite citadine qui constitue environ 8 à 10 % de la population d'Haïti. Le programme Français est privilégié par rapport aux écoles rurales de langue créole.

Les dialectes

Le créole a trois dialectes géographiques principaux, et il n'est pas rarissime que les Haïtiens parlent plus d’une langue à la fois et ceci entre eux:

  • Le dialecte du Nord, parlé au Cap-Haïtien, la deuxième plus grande ville haïtienne.
  • Le dialecte central, parlé dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti.
  • Le dialecte du sud parlé dans la région des Cayes, une ville importante dans le sud d'Haïti.

Grammaire, langue et vocabulaire

Il est à noter que le style d'expression des citadins de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, en particulier ceux qui connaissent le français, a tendance à être plus proche du français que celui des habitants des campagnes.

Pareillement, la plupart du vocabulaire créole est dérivé du français. De plus, le créole a beaucoup de mots empruntés à l' anglais, à l' espagnol et aux langues nigéro-congolaises telles que le wolof, le fon et l'éwé. Des articles français, et même des prépositions sont parfois incorporés dans les noms créoles.

Par contre, la grammaire créole diffère considérablement de celle du français :

Les noms de famille créole sont marqués par le suffixe -yo, par exemple, livyo'livre' - livyo'livres', mashin'voiture'.

La possession s'exprime en plaçant le possesseur après le possédé, par exemple, le chat de Marie'le chat de Marie'.

Le créole a un article indéfini qui précède le nom et un article défini qui suit le nom, ainsi qu'un seul pronom démonstratif sa'ceci', qui accompagne le nom.

Les pronoms sont marqués pour la personne et le numéro. Il n'y a pas de différence entre les pronoms personnel, direct et indirect, et possessif. Certains sont d'origine française, d'autres non.

Il n'y a pas d'accord sujet-verbe et il n'y a pas de temps de verbe en soi. Au lieu de cela, le créole utilise un système de repères qui précède le verbe, pour annoncer le temps. Par exemple, la particule « te » indique le passé, « ap » indique le progressif et « pral(e) » indique le futur. Le présent n'est pas marqué.

Tout compte fait, Haïti a produit des écrivains et des poètes de renom qui ont écrit exclusivement en français. Cependant, avec la reconnaissance du créole comme langue officielle, des romans, des poèmes et des pièces de théâtre y sont écrits avec la langue maternelle. En 1975, Franketienne écrit Dezafi, le premier roman entièrement écrit en créole.